24 AVRIL A PARIS Rubrique

Edouard Philippe : « La France ne se laissera impressionner par aucun mensonge »


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Cette année, la traditionnelle commémoration du génocide des Arméniens à la statue Komitas le 24 avril a pris une tournure particulière, puisqu’il s’agissait de la première fois que cette date était inscrite officiellement au calendrier républicain national : « La loi ne suffit pas à entretenir le souvenir et la connaissance historique. Le 5 février dernier, le président de la République s’était engagé à ce que la date du 24 avril devienne la journée de commémoration annuelle du génocide arménien 1915. Un décret le prévoit désormais », a souligné fermement Edouard Philippe, présent notamment aux côtés des ministres de l’Intérieur Christophe Castaner, de l’Agriculture Didier Guillaume, et du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal.

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D’autres personnalités politiques avaient fait le déplacement - dont Raphaël Glucksmann, François-Xavier Bellamy, Bruno Le Roux ou encore Patrick Devedjian, - mais aussi des artistes, membres des corps religieux et associatifs.

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« Chaque année, le 24 avril, nous rendrons désormais hommage, aux morts, aux suppliciés, « à ce peuple qui dort sans sépulture ». Mais nous rendrons aussi hommage aux survivants et à ceux qui leur ont porté assistance », a martelé le Premier ministre français, s’en prenant au gouvernement turc. « Plus d’un siècle après, regarder l’horreur en face est un préalable pour rendre justice. Mener un travail de mémoire et d’histoire, courageux et rigoureux, est l’unique manière d’emprunter un chemin de résilience. En rendant hommage aux victimes du génocide arménien, la France est fidèle à elle-même, fidèle à ses valeurs. C’est son honneur que de l’assumer. Elle ne se laissera impressionner par aucun mensonge, par aucune pression. Ce que nous recherchons, c’est l’exactitude historique, et la réconciliation. »

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Concluant par ces mots : « Organiser cette journée de commémoration, tous les 24 avril, c’est signifier que le combat contre la barbarie concerne tous nos concitoyens. Et peut-être qu’il est un combat contre une tentation humaine dont l’histoire récente démontre que des peuples entiers peuvent y succomber. Plutôt que cette négation de notre humanité nous pouvons emprunter le chemin de l’honnêteté intellectuelle. Plutôt que l’intolérance, la violence et la haine, nous pouvons choisir le respect d’autrui et le respect de ce que nous voulons être. Et c’est en empruntant ce chemin, avec courage et lucidité, que nous achèverons d’apaiser les cicatrices, sans rien oublier, pour transformer le temps des douleurs et parfois des supplices en un temps de la réconciliation et de l’amitié. En « temps de la vie ». »

L’intégralité du discours d’Edouard Philippe :

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Un discours fort et engagé, qui venait clore la partie protocolaire de la cérémonie. Avant cela, le chef du gouvernement est arrivé sur le cour où surplombe la statue Komitas en saluant amicalement l’ambassadrice Hasmik Tolmadjian, les deux coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, la maire Anne Hidalgo, ou encore le vice-président de la Région Ile-de-France, Patrick Karam. Ces six personnalités ont été solennellement déposer une gerbe.

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Ce sont les deux coprésidents qui ont ensuite pris la parole en ce jour si particulier. Ara Toranian a ainsi commencé par ces mots : « La période du 24 avril a toujours été pour les Arméniens un moment difficile, fait de tristesse, d’indignation et parfois même de révolte contre l’ignorance, l’indifférence, le cynisme qui pendant des décennies a entouré leur génocide et le combat pour sa reconnaissance. » C’est pourquoi la communauté est particulièrement reconnaissance envers le président de la République d’avoir pris ses responsabilités historiques en décrétant cette journée nationale : « Un geste d’empathie, qui est tout à l’honneur de notre République, mais un geste politique aussi, par lequel la France se rappelle que la protection des Chrétiens de l’Empire ottoman a été pendant des décennies la grande affaire de sa diplomatie, comme elle fut celle des chancelleries occidentales ».

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Mourad Papazian a lui fustigé plus particulièrement l’Etat turc : « L’institutionnalisation de la journée nationale du génocide arménien a rendu hystériques les représentants du gouvernement turc qui ont tenu contre la France et ses dirigeants des propos inacceptables », a-t-il dit, prenant entre autres exemples les propos d’Erdogan du matin-même accusant directement la France de deux génocides, un en Algérie et un au Rwanda. « Monsieur le Premier ministre, la France pourrait engager un dialogue franc avec la Turquie, sans agressivité, un dialogue constructif sur la nécessité de s’engager sur la voie de la reconnaissance et de la condamnation du génocide des Arméniens. Ce n’est qu’à partir de ce moment précis que la Turquie pourra envisager l’avenir avec sérénité », pense Mourad Papazian, avant de conclure son discours, à l’instar d’Ara Toranian, en parlant du sort des Arméniens d’Artsakh.

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Puis Anne Hidalgo, après son discours le matin-même lors d’une réception pour ces commémorations du génocide à la mairie de Paris, a repris la parole, soulignant une nouvelle fois sa solidarité et son amitié envers le peuple arménien. « Musicien et musicologue, le Père Komitas est l’incarnation du peuple arménien à l’âme sensible et au courage éprouvé, un peuple si intègre et si bien intégré, à la fois empreint de sa culture singulière et ouvert sur le monde, conscient de son histoire sans en être captif », a déclaré l’élue parisienne, rappelant son désir d’inaugurer « une plaque en hommage à Charles Aznavour dans la rue où il a grandi, dans le 6e arrondissement. Elle sera posée le 21 mai prochain. Tous les Parisiens pourront ensuite se rassembler sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour écouter ses chansons. »

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L’intégralité du discours d’Anne Higaldo :

Après les discours, les politiques présents ont pris le temps d’aller saluer les premiers rangs formés dans le public, qui comptait environ 5000 personnes.

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Autant de monde qui ont ensuite commencé une marche vers l’ambassade de Turquie, toujours au son des mêmes slogans et musiques que chaque année : « Justice, justice, pour le peuple arménien », ou encore « 24 avril, génocide arménien ». Au micro, les jeunes demandaient souvent aux manifestants de s’exprimer plus fort, devant des badauds curieux - voire étonnés lorsque des pétards, en plus des fumigènes, ont éclaté au pied de la Tour Eiffel, où s’est terminée cette manifestation.

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Texte et photos : Claire Barbuti

par Claire le jeudi 25 avril 2019
© armenews.com 2019


 

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